“G.B. Jones has an uneasy fascination with authority and uses her gender and sexual preference to exploit fantasies of rock & roll, sex, groupies, booze, drugs, money, leather, torn jeans, motorcycles and stardom as an all out assault against values that would strive for assimilation of queer culture into the mainstream. She’s every queer girl and boy’s hero, whether you want her to be or not. Believe it or don’t, she is looking out for every queer’s best interests.”

Arnold J Kemp

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J'ai toujours beaucoup aimé G.B. Jones pour son côté couteau-suisse. Dessinatrice, éditrice de zines, réalisatrice, son travail est exposé à travers le monde et ses films se font la part belle dans les festivals et les galeries.

C'est par ses dessins que Jones obtient ses premiers succès, publiés dans le fanzine J.D.s (pour Juvenile Delinquents) qu'elle fonde avec Bruce LaBruce, puis expose à New York (à la Featured Inc.) ses oeuvres les plus connues dont sa série Tom Girls, fortement inspirée du travail de Tom of Finland où elle joue sur les codes de son univers homérotique et d'hyper masculinité. Elle se voit ensuite offrir une publication de son travail dans un bouquin sobrement intitulé G.B. Jones. 

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Elle passe ensuite à la création d'un hatezine, Double Bill,où l'on retrouve une large majorités de contributeurs qui finiront dans les rangs du fanzine Girl Germs.

Dans les années 2000, Jones varie ses sujets d'étude et ses dessins deviennent plus sombres: scènes apocalyptiques, voitures défoncées, monuments en ruine, mêlé à un imaginaire paien. 

Dans les années 80, Jones commence une carrière musicale. Elle enchaine les formations, naviguant dans le punk, l'electro et l'expérimental, comme Bunny & the Lakers (une seul ep sortira, Numbers, aujourd'hui collector de par sa rareté). Puis elle monte le groupe Fifth Column où elle bosse la batterie et la guitare. Le premier album sortira en 1985, To Sir with Hate. Tout un programme.

En 90, All-Time Queen of the World sort, avec en prime un clip vidéo pour Like This. Mais c'est 36-C qui contient probablement leur plus gros hit, All Women are Bitches sur K Records en 92 et qui est choisi comme single de la semaine par le Melody Maker. 

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A côté de ça, Jones apparait dans des side projects comme par exemple vocaliste sur l'album Raise Your Pav to the Sky and Break The Thuce du groupe italien Mariaz Nascenti ou encore avec Minus Smile de Kids on TV sur le projet Opera Arcana.

Niveau ciné, c'est dans l'underground que l'art de Jones se développe. En 90, elle organise un J.D.s movie night avec Bruce LaBruce à Londres et San Francisco où de nombreux contributeurs du zines montrent des films à petits budgets sur camera super 8, tels que The Troublemakers de Jones. L'un de ses meilleurs films restera The Yo-Yo Gang, sorti en 92, qui traite du sujet des gangs de filles et où on retrouve parmi la distribution de nombreuses musiciennes telles que Donna Dresch de Team Dreasch ou encore Anita Smith et Caroline Azar de Fifth Column, un groupe de post punk canadian des années 80 qui influencera fortement une génération de nanas type Kathleen Hanna.

En 91, elle apparait dans No Skin Off My Ass de LuBruce, d'après les légendes urbaines l'un des films favoris de Cobain.

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Son plus gros taf reste tout de même The Loollipop Generation, qui mettra treize années avant de voir le jour.

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