THE BAD GIRLS BOOK CLUB

             B O O K S H E L F    E C R A N + N O I R     F I C T I O N    T R A C K S    S T Y L E    F U N + F A C T S    I C O N    M I S C             

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PENELOPE SPHEERIS

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Toutes les héroines punk finissent un jour par raccrocher les couteaux. Pour Penelope Spheeris, ça se traduit par un joli petit intérieur minimaliste. On aurait jamais pensé ça, elle qui ne pouvait pas blairer tout ce calme. Au final, le punk, c'est cette réaction quasi épidermique à un je t'aime qu'on fera tout pour transformer en haine. A presque 70 balais, celle qui a conduit d'une main de fer le docu en trois actes intitulé The Decline of Western Civilization, n'a rien perdu de sa crache, malgré les clébards modèle réduit qui courent dans le salon.

Réalisatrice du célèbre Wayne's World, je préfère citer Spheeris en tant que scénariste. Pour Suburbia d'abord, qui raconte la rencontre d'un môme de quinze piges qui s'ennuie profond avec une bande de punkos squatteurs, et puis The Little Rascals, avec son célèbre club, le He-Man Womun Haters.

Mais passionnée par les outsiders des années 80, Spheeris est surtout une voix importante de la musique underground de Los Angeles. Cette espèce de société secrète qui se retrouvait au Masque ou un tout autre endroit où seule l'élite allait du moment qu'elle avait le bon mot de passe (porno rocks, pour les intimes). Sous son oeil, nous avons pu voir évoluer toute une génération de groupes comme X, The Germs, the Circle ou encore Black Flag mais aussi découvrir le quotidien des punks sdf, pris entre drogues, problèmes psy et taule, loin de la gloriole des scènes musicales.

WRITTEN BY STENIA B. - 06:50 PM -

TANYA PEARSON

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Ecrire sur les femmes dans les 90 est une entreprise complexe et j'en sais quelque chose. Elles ont beau être là, les ressources manquent. Souvent cantonnées à une narration toute masculine dans des magazines mainstream, il est difficile d'en tirer des documents objectifs retraçant des carrière souvent mésestimées, voire oubliées.

Alors, quand Tanya Pearson souhaite écrire un essai sur la représentation des musiciennes dans les médias rock, elle comprend très vite qu'il va falloir mettre les mains dans le cambouis: c'est ainsi que naît son Women of Rock Oral History Project, une base de données qui a pour but de remettre en lumière le travail et l'héritage d'artistes cassées par les tous puissants rock critic actuels et passés. Une manière de recoller les morceaux d'histoire jamais racontées, de remplir le vide d'interviews jamais menées, mais aussi d'apporter un autre son de cloche dans une histoire écrite par et pour des hommes, où les femmes trouvent difficilement leur place.

Plusieurs interviews sont déjà publiées en ligne. On y retrouve Lydia Lunch, Alice Bag, Brie Darling du groupe 70s Fanny, mais aussi Gail Ann Dorsey, bassiste de David Bowie.

Ce projet, qui date de 2014, va donner naissance à un ouvrage, prévu pour 2021.

WRITTEN BY STENIA B. - 06:48 PM -

PROFESSION: ROCK CRITIC

J’ai toujours eu du mal à adhérer aux grosses gueules du rock triomphant des 70s. Pour pas mourir conne, j’ai quand même bouffé mes classiques, lu Lester BangsNick Kent et toute la smala. Parfois j’ai ri, parfois je me suis profondément fait chier, parfois je me suis brutalement énervée. C’était l’histoire d’une injustice qui n’avait pas encore de mots dans ma tête, juste un sentiment dégueulasse qu’on allait me la faire à l’envers.

J’ai tout de suite compris que j’allais pouvoir m’asseoir sur la rébellion tant promise. Même là-bas, faut pas dépasser du cadre. 

Je n’ai lu les travaux de rock critic femmes, comme Ellen Willis, que sur le tard. Première journaliste musique majeure du New Yorker dans les années 60, elle ne s’est pourtant vu offrir une publication regroupant tous ses articles, dans l’ouvrage intitulé Out of The Vynil Deeps qu'en 2011, cinq ans après sa mort. Une autre de ses contemporaines, Lillian Roxon, connue pour être dans le giron de Warhol, sort quant à elle son Rock Encylopedia, une première du genre. C’est un tel succès que le livre passe à l’impression à trois reprises sur la simple période des premiers six mois de sa sortie. Pourtant, cet ouvrage est aujourd’hui dans les limbes de l’édition depuis la mort de son autrice, en 73.

Il faudra attendre 2015 pour qu’une autre rock critic compile son travail à la manière de ses aînées, The First Collection of Criticism by a Living Female Rock Critic, par Jessica Hopper (connue pour ses écrits dans Pitchfork et Spin). Le titre, légèrement foutage de gueule, se veut une provocation frontale sur le désert des rock critics femmes dans le paysage actuel. Il faut dire qu’une fois passée les figures du genre, WillisRoxon ou encore Caroline Coon (très investie dans la scène punk londonienne des années 70), le manège arrête sa tournée avec une certaine rapidité. L’anthologie la plus récente et la plus complète sur un sujet autour de l'histoire du rock (et cette fois-ci, féminin), Rock she wrote, par Evelyn McDonnell et Ann Powers, date de 1995. 

On pourrait s’interroger sur ce manque pendant des heures. Pourquoi la gloriole colle aux tripes des hommes mais pas à celles des femmes? Cette espèce de starification de la bite, basée sur celui qui s’enfilera le plus de coke dans les narines. Live fast, die young. Espèce de credo premier prix pour un masculinisme blanc dégoulinant de clichés. 

Kathy Miller, la protégée de Roxon, se rappelle d’un échange surréaliste avec un rédac chef réclamant une fellation pour publier son article sur les Who. C’était dans l’ordre des choses: une femme n’est qu’une groupie qui se doit d’être à disposition des envies des hommes et certainement pas là pour construire une histoire où elle se doit de rester en marge. 

Une vision assez éloignée de la libération prônée par le rock, désespérément conservatrice quand il s’agissait des femmes. 

Pourtant, croire que ce petit monde se sclérose aujourd’hui autour de quelques noms est une erreur. L’histoire de la critique rock au féminin est une réalité qui évolue et s’organise autour de questions autrefois réduites à néant, intégrant les notions de féminisme, de race et de genre. Pour l’exemple, l’essai de Mimi Thi NguyenRiot Grrrl, Race, and Revival va dans ce sens et apporte un éclairage nouveau sur l’histoire du rock  et des musiciennes plus particulièrement par ce biais. 

Notre panthéon est rempli de Christgau ou encore de Klosterman. Peut-être qu’il est temps d’y rajouter maintenant d’autres noms qui ont aussi contribué à la construction de l’histoire du rock. Parce qu’elles sont là, et qu’elles aussi ont apporté leur pierre à l’édifice. 

Kandia Crazy Horse, c’est l’âme du southern rock. Plume régulière du Village Voice, elle a également écrit l’ouvrage Rip It Up: The Black Experience in Rock and Roll, qui remet en perspective l’héritage des musiciens noirs dans le rock.

Holly George-Warren, qui, dès la fin des années 70, a écumé les scènes underground d’East Village avant de devenir membre du groupe punk Das Furlines. Elle écrit pour des fanzines, avant d’être nommée éditrice de Rolling Stone Press où elle sortira The Rolling Stone Book of women in Rock: Troubl Girls, en 97. 

On peut aussi citer Vivien Goldman, aka the punk professor, connue pour avoir posé les premiers mots sur les mouvement punk et raggae dans les pages du NME et du Melody Maker. Spécialiste de Bob Marley (elle a été son attachée de presse chez Island Records), elle a également écrit une émouvante tribute pour Poly Styrene publié dans Village Voice qui reste encore aujourd’hui sans doute l’un de ses meilleurs papiers.

Du côté des sixties, il est important de citer Lisa Robinson, qui a fait ses premières armes au sein de Creem, du NME et du New York Post où sa collection d’interviews des plus grandes rock stars de l’époque est longue comme un jour sans pain. Elle est aussi l’une des rares personnes à avoir interviewé Freddy Mercury à la télévision, en 1984 et se payait le luxe d’accompagner les Rolling Stones en tournée dans les années 70. 

Sara Marcus, quant à elle, est la voix ultime du riot grrl 90s avec son ouvrage culte: Girls to the Front: The True Story of the Riot Grrrl Revolution, à posséder dans sa bibliothèque. 

A.C. Rhodes, qui a lancé en 2007 rockcritics.com, une ressource inestimable pour toute scribouilleuse en devenir.

Sylvie Simmons, vieille garde du magazine Mojo et bible incontestée des 70s. L’une des rares à son époque à avoir réussi à intégrer le cercle très fermé des rock critic sur lesquels on devait compter. A lire, sa bio sur Serge Gainsbourg, Pour une poignée de gitanes.

Jaan Uhelszki, co fondatrice du magazine Creem, et qu’on a pu retrouver régulièrement à partir des années 80 dans l’émission sur VH1 Behind the Music. On peut la retrouver dans plusieurs publications telles que RelixRolling Stone ou Uncut.

Deena Weinstein est un peu la prof de fac dont on a toujours rêvé: docteure en sociologie le jour (où on étudie pêle-mêle en classe FoucaultHarry Potter et l’art de la gniole), elle se transforme en spécialiste de heavy metal une fois le soir tombé. A lire, son Heavy Metal: The Music and its Culture.

WRITTEN BY STENIA B. - 06:39 PM -
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VALI MYERS

The center of life is female - we all come from our mothers. I've always drawn women or female spirits. I feel deeply about this - who gives a damn about some guy on a cross? 

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Vali Myers est la tante que j'aurais rêvé d'avoir. Extravagante, exhubérante. Celle avec qui on se fout une murge dans le bar du coin? ou encore chier sur des expos convenues, la désespérance dans le regard mais le rire toujours prêt à dégainer aux coins des lèvres.

Myers a tout vu, tout vécu. Bohemian chic, danseuse de night club, hobo sur les trottoirs de Saint Germain de Prés, mais surtout dessinatrice. Errant entre Melbourne, l'hôtel Chelsea, l'Italie et la France, aux côtés de Genet, de Dali et de Cocteau, Myers a pris la flamboyance comme crédo. On ne vit qu'une fois, dira-t-on, et il est difficile de dire que cette artiste n'a pas suivi ce conseil à la lettre, jusqu'à sa mort, en 2003.

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WRITTEN BY STENIA B. - 08:09 PM -
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LE BON MOT DE JESSICA HOPPER

Us girls deserve more than one song. We deserve more than one pledge of solidarity. We deserve better songs than any boy will ever write about us.

WRITTEN BY STENIA B. - 09:19 AM -
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SHONEN KNIFE

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Est-ce que le punk 80s aurait pu être le punk 80s sans les Shonen Knife? Bizarrement, je n'ai jamais été une grande admiratrice des Ramones, grosse source inspi du groupe, mais dès que j'entends un titre des Shonen Knife, j'ai juste envie de sécher les cours et d'aller zoner au drugstore du coin.

Il y a cette espèce de naiveté toute enfantine qu'après le chaos, la lumière renait. C'est pour ça que j'aime beaucoup le pop punk, parfois et surtout celui de Shonen Knife. Cobain devenait hystéro en les entendant (d'après ses propres mots au Melody Maker, ce groupe le transformait en une groupie de dix neuf balais à un concert des Beatles) tandis que John Peel passe régulièrement leurs titres sur la station de la BBC. L'aventure us de ces japonaises commence en effet dès le début des années 80, quand le label d'Olympia, K Records, découvre leur cassette Burning Farm. Finalement, c'est en 86 sur Sub Pop qu'elles publient leur premier disque sur le sol américain, Pretty Little Bake Guy, devenant par la même occasion une influence pour les groupes de la scène alternaive de l'époque.

Les Shonen Knife avaient ce côté touche à tout, passant de la pop au hardcore avec une facilité déconcertante, parlant principalement de bouffe, d'animaux, de balade à vélo et de soleil.

WRITTEN BY STENIA B. - 03:03 PM -
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DONNA SANTISI

Donna Santisi en a usé de ses godasses sur les sols du Whisky a Go Go. Armée de son appareil photo, elle a immortalisé les scènes punk de L.A et de New York pour en compiler les meilleurs clichés dans son ouvrage Ask The Angels. Grande fan de rock, elle n'a jamais cru en son talent de photographe.

Même si elle a pu approcher les plus grosses figures des 70s, et même parfois devenir amie avec certaines d'entre elles, Santisi n'a jamais eu la fame ou le fric pour objectif. Comptable le jour, rock and roll animal la nuit, Santini s'est vue offrir pr l'UCLA la possibilité d'archiver près de dix mille de ses photos. Une reconnaissance qu'elle n'imaginait pas.







WRITTEN BY STENIA B. - 01:54 PM -
240519

G.B. JONES

“G.B. Jones has an uneasy fascination with authority and uses her gender and sexual preference to exploit fantasies of rock & roll, sex, groupies, booze, drugs, money, leather, torn jeans, motorcycles and stardom as an all out assault against values that would strive for assimilation of queer culture into the mainstream. She’s every queer girl and boy’s hero, whether you want her to be or not. Believe it or don’t, she is looking out for every queer’s best interests.”

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J'ai toujours beaucoup aimé G.B. Jones pour son côté couteau-suisse. Dessinatrice, éditrice de zines, réalisatrice, son travail est exposé à travers le monde et ses films se font la part belle dans les festivals et les galeries.

C'est par ses dessins que Jones obtient ses premiers succès, publiés dans le fanzine J.D.s (pour Juvenile Delinquents) qu'elle fonde avec Bruce LaBruce, puis expose à New York (à la Featured Inc.) ses oeuvres les plus connues dont sa série Tom Girls, fortement inspirée du travail de Tom of Finland où elle joue sur les codes de son univers homérotique et d'hyper masculinité. Elle se voit ensuite offrir une publication de son travail dans un bouquin sobrement intitulé G.B. Jones. 

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Elle passe ensuite à la création d'un hatezine, Double Bill,où l'on retrouve une large majorités de contributeurs qui finiront dans les rangs du fanzine Girl Germs.

Dans les années 2000, Jones varie ses sujets d'étude et ses dessins deviennent plus sombres: scènes apocalyptiques, voitures défoncées, monuments en ruine, mêlé à un imaginaire paien. 

Dans les années 80, Jones commence une carrière musicale. Elle enchaine les formations, naviguant dans le punk, l'electro et l'expérimental, comme Bunny & the Lakers (une seul ep sortira, Numbers, aujourd'hui collector de par sa rareté). Puis elle monte le groupe Fifth Column où elle bosse la batterie et la guitare. Le premier album sortira en 1985, To Sir with Hate. Tout un programme.

En 90, All-Time Queen of the World sort, avec en prime un clip vidéo pour Like This. Mais c'est 36-C qui contient probablement leur plus gros hit, All Women are Bitches sur K Records en 92 et qui est choisi comme single de la semaine par le Melody Maker. 

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A côté de ça, Jones apparait dans des side projects comme par exemple vocaliste sur l'album Raise Your Pav to the Sky and Break The Thuce du groupe italien Mariaz Nascenti ou encore avec Minus Smile de Kids on TV sur le projet Opera Arcana.

Niveau ciné, c'est dans l'underground que l'art de Jones se développe. En 90, elle organise un J.D.s movie night avec Bruce LaBruce à Londres et San Francisco où de nombreux contributeurs du zines montrent des films à petits budgets sur camera super 8, tels que The Troublemakers de Jones. L'un de ses meilleurs films restera The Yo-Yo Gang, sorti en 92, qui traite du sujet des gangs de filles et où on retrouve parmi la distribution de nombreuses musiciennes telles que Donna Dresch de Team Dreasch ou encore Anita Smith et Caroline Azar de Fifth Column, un groupe de post punk canadian des années 80 qui influencera fortement une génération de nanas type Kathleen Hanna.

En 91, elle apparait dans No Skin Off My Ass de LuBruce, d'après les légendes urbaines l'un des films favoris de Cobain.

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Son plus gros taf reste tout de même The Loollipop Generation, qui mettra treize années avant de voir le jour.

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WRITTEN BY STENIA B. - 08:30 AM -